vendredi 22 juillet 2022

 Chaque enfant appartient à toute l’humanité

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Dans mon engagement à défendre la cause des bébés « acteurs » dont on nie délibérément les besoins physiologiques ou émotionnels pour les besoins d’un tournage, je te présente un nouvel exemple positif. Je n’ai regardé que les deux premiers épisodes de la série australienne Supermamans, de Sarah Scheller et Alison Bell, mais sur la base de ces deux épisodes, j’ai pu constaté que les réalisatrices respectent globalement le bien-être des tout petits et je les en remercie. Seuls un ou deux plans très courts montrent un bébé en pleurs. Les réalisatrices ont visiblement recours aux différentes alternatives qui existent plutôt que de filmer de vrais bébés en pleurs : une poupée entièrement couverte d’un linge ou cachée dans un porte-bébé, un plan qui ne permet de voir que le bonnet du « nourrisson » dans les bas de l’actrice (probablement aussi une poupée). Le nombre de bébés filmés sereins, calmes, curieux pour cette série de 2019 est bien la preuve qu’il est parfaitement possible de tourner avec de tous jeunes enfants tout en respectant leur bien-être et leurs besoins fondamentaux.


Et je m’en réjouis. Car nos connaissances actuelles des bébés ne sont plus ce qu’elles étaient auparavant. Donc nous, adultes, n’avons plus aucune excuse de tolérer ces pratiques, de rester indifférent.es. Comment peut-on penser à construire un monde de paix, de coopération, de bonheur, si nous ne prenons pas en compte le début de la vie ? De toute la vie. Je veux dire par là de tous les êtres vivants.

 

Bien sûr, quand je vois toutes les misères que doivent affronter tant de bébés et d’enfants dans le monde, j’ai le coeur au bord des yeux, mais en même temps, comme pourrais-je m’attendre à ce que les gens des pays industrialisés aient de l’empathie pour tous ces jeunes êtres vivant dans une extrême pauvreté, s’ils n’ont même pas la moindre empathie pour leurs propres petits, pour les petits de leur propre monde industrialisé.


J’ai adoré le documentaire d’Estela Renner, de 2016, The beginning of life. En parlant de la nature et du bénéfice que retirent les enfants de pouvoir grandir au contact de la nature, une professeure d’art, Simone Spaggiari, s’exprime ainsi : nous pensons que la beauté attire la beauté. Et attire les gestes de beauté. Que le soin attire les gestes de soin. Et nous croyons que c’est un très bon exercice de citoyenneté, un bon entraînement pour la construction d’un humain.

Severino Antônio, éducateur et écrivain, dit que « l’empathie est l’un des sentiments fondamentaux de l’être humain ; l’empathie signifie se mettre à la place d’autrui, sentir avec autrui, se sentir comme autrui. Les enfants ont de l’empathie pour tout : pour ceux qui les entourent : jouets, animaux, plantes, pierres. Pour eux, tout est vivant. Ils appartiennent à tout ça, ils font partie de ce tout. 

On dit que l’enfant n’a pas de souvenir de lui bébé. Mais c’est la phase la plus importante. L’enfant est une éponge : tout ce qu’il absorbe pendant cette phase est une référence pour le reste de sa vie. Ce qu’il voit, ce qu’il sent, ce qu’il expérimente, est fondamental pour la structure émotionnelle de ce petit être. 


Une intervenante explique que l’enfant arrive dans le monde avec tant d’énergie et de créativité que la mère a du mal à s’en occuper seule. Tous sont utiles : le père, les grands-parents, les voisins, la communauté pour que cet enfant grandisse. En Afrique, on dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Les parents ne peuvent pas élever un enfant seuls. Nous, les adultes, avons besoin de la communauté. Les enfants ont besoin d’autres enfants et d’autres adultes comme références.


L’écrivain, Severino Antônio ajoute qu’une des grandes solitudes du monde contemporain, c’est la perte de la communauté. Le sens de la communauté a disparu alors que les enfants en ont besoin. Ils ont besoin d’autres enfants, d’autres personnes. Pas seulement lorsque le ou les parents décèdent mais comme un complément. Les enfants ont besoin de cette extension. Elle change tout. Chaque enfant appartient à la communauté. Et en fait, chaque enfant appartient à toute l’humanité. 


Charles Nelson, pédiatre et docteur en neurosciences utilise, lui, la métaphore d’une maison : les premières années de la vie, c’est comme bâtir les fondations de la maison. On construit une structure sur laquelle tout le reste se développera. Si la fondation n’est pas bien construite au début de la vie, à mesure que la construction monte, il peut y avoir des problèmes.


L’un des derniers experts interviewés donne des informations intéressantes sur les conséquences économiques, financières, du bien-être des jeunes enfants. Des études ont démontré que chaque dollar investi dans la petite enfance en rapporte sept plus tard. Il explique que les enfants ne sont pas élevés par le gouvernement mais par des gens. Ils ne sont pas éduqués par des institutions, mais par des êtres. Ce qui compte, c’est que les adultes les plus importants dans la vie de l’enfant lui donnent ce dont il a besoin. Mais le problème surgit quand les valeurs politiques confrontent les adultes qui ne donnent pas à leur enfant ce dont il a besoin, ou veulent le punir, ou ne veulent pas l’aider ; on entend dire : « je veux bien aider les enfants mais pas les adultes. » La science dit qu’on ne peut pas aider les enfants sans aider les adultes qui s’occupent d’eux. Les enfants ne sont pas aidés par des programmes mais par des gens. Ne pas donner aux enfants ce dont ils ont besoin coûte cher à la société. Et même pour les gens qui ne se sentent pas concernés, qui se disent : « Moi, je m’occupe bien de mes enfants. Ce n’est pas facile tous les jours, mais je m’en occupe bien. Ce n’est pas juste de me responsabiliser pour ce que les autres ne font pas pour leurs propres enfants. Moi, je m’occupe des miens. », La réponse est : « La vie de vos enfants, plus tard, sera plus facile ou plus difficile selon le nombre de personnes de leur âge qui contribueront ou seront un fardeau pour la société. » 


Je reste donc persuadée que tout le monde est concerné par les injustices que subissent tous les bébés, quels qu’ils soient, quel que soit le besoin fondamental qui est nié. Et si en plus, c’est pour le divertissement, c’est choquant, non ?


Et toi, tu en penses quoi ? Si tu es convaincu.e, s'il-te-plaît aide-moi. Seule, je n’y arrive pas. Tu peux m’aider de diverses façons : en signant la pétition, en partageant mes plaidoyers, en participant à la cagnotte que j’ai mise en place sur mon blog Baby Cry Business, en me partageant tes idées… 

S'il-te-plaît, aide-moi ! Je te remercie, si c’est toi.


Supermamans, série de Sarah Scheller et Alison Bell, 2019.

The beginning of life, documentaire d’Estela Renner, 2016.


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vendredi 15 juillet 2022

 L'éducation occidentale n'est pas la norme dans le monde


https://pdca.st/L47a


Merci de me rejoindre pour une nouvelle critique de film incluant un bébé "acteur", car je me suis engagée à convaincre un maximum de personnes de l’inutilité, voire de la nocivité, de faire ou laisser pleurer de tout jeunes enfants pour les besoins d’un tournage, alors que des alternatives existent. En l’occurrence, il s’agit du film Un papa hors pair, de Paul Weitz. Je remercie le réalisateur d’avoir, globalement, respecté le bien-être des bébés. La quasi-totalité des scènes montrent un bébé calme, serein, voire qui gazouille. Il est d’ailleurs frappant de constater à quels points tous ces bébés passent tranquillement dans les bras d’une quantité incroyable d’actrices et d’acteurs différents. Je suis persuadée, de par mon expérience personnelle que cette sérénité est liée à la culture africaine qui consiste à ne jamais laisser pleurer un bébé sans lui accorder toute l’attention nécessaire durant ses premiers mois de vie. 


Selon la BBC, la pratique selon laquelle les enfants partagent non seulement une chambre mais aussi un lit avec un ou plusieurs de leurs parents est quasi universelle, en dehors des pays occidentaux. « Dans les sociétés occidentales, de nombreux parents se tournent plutôt vers des méthodes d'entraînement au sommeil, dont la version la plus extrême consiste à laisser un bébé "crier" tout seul, dans le but de l'encourager à dormir plus longtemps pour que ses parents puissent prendre le repos nécessaire. Encourager l'indépendance précoce s'aligne d’ailleurs sur l'individualisme typique de la culture occidentale. De même, le fait de porter un bébé réduit son rythme cardiaque et ses mouvements, ainsi que la quantité de larmes qu'il pleure. » Et le portage des enfants en écharpe, qu’on pourrait qualifier de nouvelle tendance est une chose que les humains font depuis toujours. Ce n'est que lorsque les landaus sont devenus populaires à l'époque victorienne que les porte-bébés traditionnels sont devenus moins courants dans certains secteurs de la société occidentale.


Pour en revenir au film, seules deux courtes scènes montrent un bébé en pleurs. La première, dans la voiture, mais on ne voit que le début du mal-être, le bébé commence à manifester un inconfort. Dans l’autre, le nourrisson est couché dans un couffin à côté du lit et là, il pleure vraiment. Pour toutes les autres scènes, le réalisateur a eu recours à des astuces pour faire croire que le bébé pleure comme d’utiliser des larmes artificielles que l’on a placées sur le visage parfaitement calme d’une petite, installée dans son maxi-cosy. Dans d’autres plans, ce sont, de toute évidence, des enregistrements de pleurs que le réalisateur passe sur des images où l’acteu.rice tient le bébé calme, le visage tourné vers soi. Ou encore, il filme un landau, un lit vides, ou non, mais d’un point de vue qui ne permette pas de voir le visage du nourrisson. Lorsqu’un bébé est allongé dans un parc, la petite joue avec une couverture sur son visage, ce qui pourrait laisser penser que c’est elle qui pleure alors qu’en réalité, elle est calme. Donc pour moi, ce réalisateur a vraiment respecté le bien-être des nourrissons et bébés qu’il a filmés. Ce qui me fait penser que la seule scène douteuse a peut-être été filmée spontanément, naturellement, que le bébé s’est mis à pleurer et que le parent présent l’a réconforté rapidement. Enfin je ne sais pas, mais en tout cas, globalement Paul Weitz est un réalisateur qui respecte les tout petits et je l’en remercie.


Dans la série documentaire Babies, de 2020, Susan Hespos, professeure de psychologie cognitive, a démontré par ses études que même les plus jeunes enfants ont cette notion qu’un objet sans support doit tomber. Ils ont donc conscience de la gravité. Cette dame se demande pourquoi les idées reçues sur les connaissances de bébés persistent. Pourquoi s’obstine-t-on à penser que les bébés sont dénués de toute intelligence, de toute connaissance, qu’ils arrivent avec une page blanche, et doivent tout apprendre. Et elle se dit : après tout, le savoir est peut-être intégré au corps tout comme le réseau de circulation sanguine. Cette spécialiste de la psychologie développementale a mené des études sur les connaissances cognitives de bébés de quatre à six mois. Pour l’une de ses expériences, elle place le bébé devant un théâtre de marionnettes. Lorsque le rideau se lève, tous les enfants sont intéressés, mais au bout de quelques instants, ils vont se lasser, et détourner le regard. L’étape suivante consiste à montrer un bloc de bois orange au centre duquel a été percé un cercle, et sur lequel on a apposé trois pompons verts. La dame pousse d’abord ce bloc et le fait glisser sur son support rectangulaire de droite à gauche. La réaction de chaque bébé est la même : au début, son attention est attirée par les couleurs, les objets, dont il se détourne rapidement. Vient ensuite la partie “magique” : l’adulte pousse le bloc tout le long du support et, contre toute attente, le bloc reste suspendu dans le vide, aimanté à la paroi du fond. On voit que cela les surprend. Les bébés sont captivés et fixent l’objet, fascinés par le fait que cet objet sans support ne tombe pas. Ils se rendent compte qu’il y a quelque chose d’anormal. On ignore comment, mais les bébés ont donc déjà la notion de gravité. Le Dr Kang Lee, explique, dans le même épisode consacré aux connaissances, que l’apprentissage qui se déroule durant les six premiers mois d’un enfant forme la fondation qui transformera l’enfant en un être social capable de fonctionner dans son entourage, dans la société.


Je reste donc persuadée qu’il n’est pas bon de nier les besoins de bébés ou d’enfants en bas âge pour les besoins d’un tournage. Et c’est sans parler de la commercialisation des sentiments de peur, détresse ou autres pour le divertissement.


Et toi, tu en penses quoi ? Si je t’ai convaincu.e, signe la pétition. Partage mes plaidoyers, aide-moi à remplir cette cagnotte que j’ai mise en place sur mon blog Baby Cry Business pour attirer l’attention des médias, traduire ces plaidoyers dans d’autres langues etc., ou communique-moi d’autres exemples. Pour ma part, je continuerai le combat pour des bébés heureux dans les films. Même si cela signifie convaincre une seule personne à la fois… et je te remercie si c’est toi !


Pour signer la pétition :

https://chng.it/vRzW48ZS


Babies, série Netflix, 2e partie, 1er épisode, 2020


Kelly Oakes, Éducation : la façon occidentale d'élever les enfants est-elle bizarre ?, BBC News, 2021, https://www.bbc.com/afrique/monde-56198209, consulté le 27 juin 2022.


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 Et si l’on changeait la législation 
sur les bébés acteurs ?



    Dans mon engagement à sensibiliser le monde à la détresse psychologique et émotionnelle des bébés et enfants en bas âge dont on utilise les pleurs pour les besoins d’un tournage, je vais te parler aujourd’hui de Cargo, un film australien de Ben Howling et Yolanda Ramke. La plus jeune actrice — et la meilleure du film à mes yeux, puisqu’elle ne joue pas la comédie, elle pleure vraiment — est une petite fille de deux ans environ. Plusieurs scènes sont particulièrement difficiles si tu ouvres les yeux sur le fait que les bébés et bambins ne comprennent pas qu’ils sont dans une fiction : l’acteur principal, assis par terre, dans le noir, tente de faire taire la petite fille en lui mettant la main devant la bouche, on peut voir que l’homme est doux en réalité mais malgré tout, la petite n’aime pas ça et essaie de le faire comprendre en secouant la tête et en pleurant. Et la scène similaire où la même petite fille est assise sur les genoux d’un autre homme. L’acteur est excellent et fait semblant d’utiliser la force alors qu’il est doux envers la petite. Malgré tout, on peut voir clairement que son visage effrayant fait peur à la petite qui pleure et se débat. À un autre moment, une femme, assise au volant d’une voiture, maquillée en zombie, agresse le passager assis à côté d’elle en poussant des râlements, tandis que l’homme se défend. Ils jouent tellement bien leur rôle que la petite, qui assiste à la scène, assise à l’arrière dans un siège auto, se met à pleurer. On voit clairement qu’elle jette le buste en arrière, choquée, au moment de l’agression et se met immédiatement à pleurer. Elle ne sait pas que c’est du cinéma. Cette petite assiste à une vraie agression. Plus tard, comme on le voit sur la photo, la petite « actrice » en larmes, est enfermée seule dans la voiture et elle exprime très clairement sa détresse. Mais au Brésil, les gens cassent la vitre s’ils voient un chien enfermé dans une voiture, même si c’était pour deux minutes seulement, juste le temps d’aller à la boulangerie. Et nous laissons faire cela à nos propres petits !? C’est choquant.


    Comment se fait-il qu'on laisse faire ? Pourquoi continue-t-on à regarder et à laisser faire ? Dans mon engagement, j’ai tenté de m’adresser à diverses instances de protection de l’enfance ou des fédérations de producteurs et réalisateurs. Aujourd’hui, je me tourne vers les écoles dans le domaine de l’audiovisuel, et la réponse est toujours la même : ne vous tracassez pas, le tournage avec un enfant mineur est très encadré juridiquement et nous l’apprenons bien évidemment à nos étudiants. Dans ce cas, ne devrions-nous pas oeuvrer à une réforme de la législation ? Non seulement en Belgique, mais au niveau européen, voire mondial. Car cela signifie que les futures réalisatrices et réalisateurs gardent la même vision dépassée qu’un bébé, ça pleure tout le temps, que c’est bon de laisser pleurer les bébés, ça développe leurs émotions et leur cage thoracique (en même temps que notre ouïe…) En Belgique, le travail des enfants est effectivement très encadré juridiquement. Pour les enfants jusqu’à six ans inclus, la durée maximale des activités ne peut dépasser quatre heures par jour. Et une période ininterrompue de repos d’une demi-heure doit être accordée après deux heures. Je comprends mieux à présent la déclaration de Rémi Besançon. Pour son film Un heureux événement de 2011, comme la législation française interdit de faire tourner un enfant de moins de trois mois, il a tout simplement contourné l’interdiction en allant tourner dans un pays voisin. Il avait besoin d’un nouveau-né pour tourner une scène où la jeune accouchée tient son enfant pour la première fois dans les bras. Et comme il dit : « Je trouve toujours ridicule ces scènes de maternité où l'on voit une mère s'extasier sur un bon gros bébé déjà bien éveillé ». Donc pas question que le nouveau-né ait déjà trois mois. Il filmera un bébé de moins de vingt-quatre heures posé quelques minutes sur le ventre de l’actrice. Sur le fameux instantané, on voit le nouveau-né, le visage crispé. Pour le reste du film, l'actrice tournera avec près d'une vingtaine de nourrissons. Mais pourquoi persévérer à penser que c’est anodin, que ce n’est pas grave. Et si ça l’était ? Les responsables d’un zoo accepteraient-ils de prêter un nouveau-né girafe, panda, bonobo, chimpanzé, ou que sais-je ? Juste pour cinq minutes… De nombreuses informations sont accessibles sur Internet aujourd’hui sur les raisons pour lesquelles il est nocif de laisser pleurer un bébé. « Par les pleurs, qui sont son unique moyen de communication verbale, énonce le site Crèches pour tous, l'enfant exprime en réalité un besoin, quel qu’il soit, et même s'il ne rencontre pas toujours la réponse adaptée, l’important est de lui montrer que l’on est là pour lui. L’essentiel est de lui montrer que l’adulte l’écoute, prend en considération son mal-être et est présent pour lui. » Un autre site, Positivr, explique qu’on a d’abord pensé qu’il fallait laisser pleurer un bébé. Aujourd’hui — et l’article date de 2016 déjà ! —, on recommande de le réconforter, car un nourrisson ne s’arrête pas de pleurer parce qu’il a compris que ses parents ne céderont pas, mais parce qu’il finit par s’épuiser !

Plus le bébé pleure, plus il angoisse. Et ce stress peut avoir des conséquences corporelles et psychiques sur sa vie future, sur sa croissance et sa capacité d’apprentissage.

Les cris du bébé ne sont pas l’expression d’un caprice (comme on l’entend souvent) Ils adressent un message aux parents. Il a faim, il a mal… Réconforter un bébé ne signifie pas céder à son caprice… mais lui porter assistance !


    L’auteur de l’article « Les bébés belges stars à un jour » énonce que Rémi Bezançon ne porte pas un regard si critique sur la loi française. Il ajoute : « De toute façon, au bout de deux heures de tournage, l'enfant est fatigué, il n'arrive plus à se concentrer comme un adulte et ce n'est pas la peine d’insister ». Sérieusement ? Un nourrisson peut être utilisé sur un plateau de tournage pendant deux heures d’affilée !? Mais il est urgent de changer les mentalités et les lois. Jusqu’ici, je militais pour le droit des bébés. Aujourd’hui, puisque la sensibilisation à cette cause est si lente, je milite pour le droit des spectateurs. Je ne veux plus laisser faire. Je ne souhaite plus voir d’enfants en bas âge dont les besoins ont délibérément été niés pour pouvoir filmer leurs réactions de peur, fatigue, détresse, etc. Je rappelle que j’aime voir des bébés dans les films, mais des bébés calmes, sereins, joyeux, heureux. Je demande aux autorités européennes et internationales d’adopter une loi sur l’utilisation de bébés et d’enfants de moins de trois ans pour le divertissement, d’étudier les effets psychologiques à long terme sur eux et d’interdire l'exploitation des sentiments de tristesse, peur, douleur, détresse de bébés ou d'enfants en bas âge pour les besoins d’un tournage.

Et je fais le vœu de voir un jour apparaître au début de CHAQUE film la mention « Aucun bébé ni enfant en bas âge n’a été malmené ou maltraité durant ce tournage ». Si cette mention semble inutile aux yeux des législateurs, que l’on impose au moins l’avertissement : « Les besoins physiologiques et émotionnels de bébés ou d’enfants en bas âge ont été niés pour les besoins du tournage », pour que je puisse choisir en connaissance de cause.


J’en appelle aux médias pour propager ce message. S’il vient l’idée à un.e réalisateur.trice de faire un film sur la guerre en Ukraine, la fuite des réfugiés, en soulignant le traumatisme des plus jeunes, j’espère qu’il ou elle nous fera confiance pour ressentir les émotions des bébés et tous jeunes enfants traumatisés. Inutile d’en stresser vingt de plus.

Et toi ? Tu en penses quoi ?

Je t’invite à agir, toi aussi, en signant la pétition ou en partageant ces vidéos.


https://chng.it/vRzW48ZS


Crèches pour tous, Pourquoi ne faut-il pas laisser bébé pleurer ?, 2021

https://www.crechespourtous.com/actualite/pourquoi-ne-faut-il-pas-laisser-bebe-pleurer-/99406052


Positivr, Les médecins sont formels : il ne faut jamais laisser un bébé pleurer !, 2016

https://positivr.fr/bebe-pleure-cri-reconforter-stress-besoin-parents/


La Parisienne, Enfants artistes : les bébés belges stars à un jour, 2017

https://www.leparisien.fr/laparisienne/people/enfants-artistes-les-bebes-belges-stars-a-un-jour-09-03-2017-6746487.php



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vendredi 8 juillet 2022

 Nous sommes toutes et tous concerné.es


https://pdca.st/OqRQ

    Merci de me rejoindre pour une nouvelle capsule. Et merci à vous tous qui prenez le temps d’écouter mes plaidoyers, qui me soutenez en signant la pétition ou en réagissant positivement et en partageant mes capsules hebdomadaires. 


    Un jour — je veux y croire —, il sera interdit de nier, pour les besoins d’un tournage, les besoins que les nourrissons et enfants de moins de trois ans expriment clairement par leurs pleurs, pour ensuite commercialiser ces sentiments d’insécurité, peur, détresse ou tout autre besoin physiologique ou émotionnel pour le divertissement. Vous êtes de plus en plus nombreux.ses à croire, comme moi, qu’un jour, ce sera une évidence, tout comme un jour, après un long combat, j’imagine, les défenseurs des animaux sont parvenus à imposer un label « aucun animal n’a été maltraité pour ce tournage ». 


    Il y a un siècle, on pensait que les bébés ne ressentaient pas la douleur. Je pense que dans un siècle, les humains penseront de nous « mais comment ont-ils pu laisser faire cela ? ». Je rappelle que je ne me bats contre personne, je ne juge personne, parce qu’il y a dix ans, j’étais aussi inconsciente que la plupart d’entre nous. Je suis persuadée que c’est une question de conscience. Comme nous regardons des films pour nous distraire, pour nous soustraire à la réalité de notre vie, nous ne voyons pas que les tout jeunes enfants ne comprennent pas qu’ils sont dans une fiction et se saisissent, stressent, angoissent pour de vrai. Si tu n’es pas convaincu.e, je devrais employer des images plus fortes pour t’aider à ouvrir les yeux. Ce que ces réalisatrices et réalisateurs font avec les bébés, c’est comme s’ils filmaient un enfant, un jeune ou un adulte ayant une déficience mentale qui l’empêche de comprendre que c’est du cinéma et qu’ils le laisseraient croire qu’il est en danger, qu’un incendie s’est déclaré, que des coups de feu sont tirés ou qu’une émeute éclate etc. pour pouvoir filmer sa réaction de peur, panique, détresse. C’est comme s’ils poussaient cette personne à pleurer pour ensuite la rassurer une fois que la scène est dans la boîte. 


    Un homme présent à l’avant-première du film Docteur ? a utilisé comme argument pour rire de ma vision des choses : et le chien qui a traversé la pièce, n’a-t-il pas été maltraité lui aussi ? L’équivalent de la maltraitance serait de chercher ce qui poussera le chien à gémir de peur ou de douleur pour les besoins du tournage. Je répète que j’aime voir des bébés dans les films et je ne vois absolument aucun problème à filmer un bambin en train de traverser la pièce pour rejoindre son parent p. ex. Ou en train de pleurer mais en tant qu’acteur de sa propre vie, comme dans le film Énorme de Sophie Letourneur, de 2020. Que je te recommande car c’est un film vraiment drôle et divertissant. Cela fait longtemps que je n’avais plus ri autant devant un film. À la fin de la projection, je suis allée trouver la réalisatrice pour la remercier d’avoir respecté le bien-être de ces vingt nouveau-nés d’un jour qu’elle a filmés en mode documentaire. Dans aucune scène, elle n’a fait jouer à ces tout-petits un rôle. Même pour la scène finale, dont je te laisse découvrir par toi-même l’émotion ressentie, la réalisatrice nous amène à penser que le nouveau-né est dans les bras de l’acteur dont on reconnaît la couleur et la texture du pull, alors qu’il est simplement heureux et serein dans les bras de son vrai papa.


    Contrairement à cet autre nouveau-né qu’on a laissé pleurer pour les besoins de la série coréenne  My Sassy Girl, au début du premier épisode. Je te propose d’écouter l’escalade des pleurs de ce nourrisson. Et tu comprendras qu’ils l’ont laissé pleurer jusqu’à atteindre la colère et l’incompréhension de ne pas recevoir le réconfort qu’il demande. Tout d’abord, j’ai vérifié, comme je le fais toujours : on voit clairement que le son correspond à l’image, c’est bien le nourrisson que l’on voit à l’écran qui pleure et exprime son angoisse, sa détresse, croissantes.


    Lorsque j’en parle autour de moi, j’entends souvent comme réaction : cela ne sert à rien, tu ne recevras jamais l’assentiment ou le soutien d’une masse de gens parce que cela ne les concerne pas directement. À toutes les personnes qui pensent comme ça, j’ai envie de dire : détrompe-toi, nous sommes tou.tes concerné.es car nous continuons tou.tes à regarder et à laisser faire. « Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire », disait Albert Einstein. Je ne veux plus laisser faire. Je ne souhaite plus voir d’enfants en bas âge dont les besoins ont délibérément été niés pour obtenir d’eux qu’ils pleurent de façon durable. Je n’ai plus payé un seul ticket de cinéma depuis dix ans, à l’exception des autres films de Sophie Letourneur — je suis retournée au Bozar le lendemain de l'avant-première — puisque j’avais acquis la certitude que la réalisatrice ne malmène aucun enfant en bas âge pour les besoins de ses tournages. Pour les autres, j’attends la certification, par un label similaire à ce que l’on fait depuis longtemps pour les animaux qu’aucun enfant en bas âge n’a été malmené pour le divertissement. 


    Voilà, je suis arrivée au bout de mes exemples mais je ne manquerai pas de revenir vers toi dès que j’ai une expérience positive ou négative concernant cette cause. Il faudrait monter une campagne de sensibilisation, attirer l’attention des politiques. Pour ma part, j’ai déjà entrepris toutes sortes de démarches : des lettres, des mails, des interpellations de réalisateurs, des discussions avec mon entourage, une pétition sur papier, une pétition électronique… Je ne vais quand même pas devoir me lancer en politique pour aller changer la loi moi-même quand même. 😆


    Heureusement, vous êtes de plus en plus nombreux.ses à être convaincu.es.


    Et toi, tu en penses quoi ? Je t’invite à m’aider. Concrètement, activement. De la façon qui te convienne le mieux. Si je t’ai convaincu.e, signe la pétition. Partage les capsules audio ou les vidéos YouTube qui comportent plus de photos, dans lesquelles je présente ces exemples, car j’entends souvent la réaction : je ne pense pas qu’il existe des réalisateurs qui font ça ; en tout cas, moi, je n’ai jamais vu de scènes où un bébé est calme et se met soudainement à pleurer. Donc il est vraiment important de partager ces exemples. Tu peux également contribuer financièrement à la cagnotte que j’ai mise en place sur ce blog Baby Cry Business — en cliquant sur les boutons « Me payer un café » ou « Devenir contributeur » —, cagnotte qui me permettra de porter ce plaidoyer à l’attention des médias, peut-être de voyager pour atteindre des médias étrangers… Ou tu peux me partager tes idées ou des exemples de films. Pour ma part, je continuerai le combat pour des bébés heureux dans les films. 

    Une personne à la fois… et je te remercie si c’est toi !


My Sassy Girl, série coréenne de Oh Jin-seok et Yoon Hyo-je, 2017.

Énorme, Sophie Letourneur, 2020.





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vendredi 24 juin 2022

 Sur une scène de théâtre, le public se sentirait plus concerné


https://pdca.st/f2kT

    J’ai commencé à remarquer la souffrance des enfants en voyant Lore, un film de Cate Shortland consacré aux enfants d’Hitler. 

J’avais été invitée à l’avant-première à Bruxelles. Je me souviens être sortie envahie d’un sentiment de tristesse ahurie et j’ai regretté de ne pas m'être levée pour quitter la salle immédiatement. De tous les acteurs, c’était ce petit bonhomme de neuf ou dix mois qui jouait le mieux. Le film n’est pas disponible sur le site de streaming auquel je suis abonnée et je n’ai certainement pas l’intention de payer quoi que ce soit aux réalisateurs et aux producteurs pour pouvoir le revoir et montrer des extraits, mais je me souviens avoir eu le sentiment que le bébé pleurait du début à la fin du film. Et il pleurait pour de vrai, ça, c’est sûr : il ne jouait pas la comédie.

    Quand j’ai vu que ce film a remporté 14 prix, je me suis demandé si je ne devrais pas m’inquiéter pour l’avenir de l’humanité.


    Depuis lors, je sors instantanément de la fiction dès que je vois un jeune enfant pleurer dans un film. Avant, j’étais comme la plupart des gens. Nous sommes tellement conditionnés à ignorer les pleurs des enfants, nous sommes tout simplement tellement habitués à ce genre de scènes que nous ne réalisons pas que ces tout-petits ne JOUENT pas la comédie. Un bébé ne pleurera jamais s’il est heureux, joyeux, calme serein. Il pleure pour exprimer un besoin. Le problème est que plus nous en voyons, plus nous trouvons cela normal et devenons insensibles.

    Dans Love, Rosie par exemple, l’actrice jouant la jeune mère est tellement brillante que je me suis moi-même laissée emporter par son jeu d’actrice et j’ai oublié l’espace d’un instant que c’est une « étrangère » qui laissait délibérément pleurer le nourrisson dans ses bras ! Est-ce vraiment juste pour ce nouveau-né ? Selon la psychologue Dawn Huebner, les nouveaux nés, même endormis, reconnaissent — et préfèrent — leurs parents aux étrangers.


    Un autre exemple.

    J’étais présente à l’avant-première de Kings, un film franco-belge de la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven. Un film intense sur la violence interraciale, mais intelligemment équilibré par des émotions et valeurs humaines d’amour, de soins et de partage. J’aurais certainement recommandé ce film s’il n’y avait pas eu trois scènes. Était-ce réellement nécessaire d’ajouter deux victimes à cette triste histoire vraie ? Les bébés « acteurs » méritaient-ils d’être traumatisés ? Je ne le pense pas. Ces trois scènes n’ont rien ajouté à l’intensité du film.

    Dès l’entame du film, des coups de feu se font entendre. La mère paniquée enjoint à ses enfants adoptifs de se réfugier sous la table de la salle à manger. Si tu te focalises sur le petit garçon de deux ans, il est impossible de ne pas voir qu’il est RÉELLEMENT terrifié. Idem quelques minutes plus tard pendant la scène où une casserole prend feu. Toute la maisonnée paniquée crie et se précipite à l’extérieur. Le petit ne SAIT PAS qu’il est en sécurité ! Il pleure de terreur.

    Et idem encore durant les émeutes où l’on voit deux bambins assis par terre, pleurant jusqu’à ce que la morve leur dégouline sur le visage.


    Nous sommes en 2022 ! Il y a belle lurette que nous avons arrêté de maltraiter les animaux pour le plaisir ! N’est-il pas grand temps d’arrêter de malmener de jeunes enfants pour le divertissement ?

Si l’on en croit les explications de Quantum way, il n’y a pas que les chocs traumatiques tels que les accidents, agressions ou catastrophes naturelles, qui peuvent avoir un impact négatif sur le système nerveux. Il existe également les traumatismes développementaux ou relationnels lorsque nous sommes confrontés à la négligence, à la maltraitance ou au manque de sécurité dans l’enfance. Je ne dis pas que ces bébés « acteurs » ont tous des séquelles des situations stressantes dans lesquelles ils ont été délibérément placés pour les besoins d’un tournage, mais je souhaite que des experts médicaux se penchent sur la question. Au début du XXe siècle, on considérait que les bébés n’avaient pas mal, à en croire la doctoresse Catherine Clement. À la limite, dans les services de chirurgie, dit-elle, on ne donnait pas d’antalgiques. On disait : les enfants n’ont pas besoin de leurs parents à l’hôpital. Lorsqu’ils amenaient leur enfant aux urgences, on leur disait : vous, vous attendez dehors mais heureusement, la science et la médecine ont évolué depuis et ont prouvé que l’attachement était primordial dans le développement sain et résilient de l’enfant. Je suis persuadée que d’ici quelque temps, on aura le recul nécessaire pour comprendre à quel point il est injuste de reproduire sur de jeunes enfants une situation difficile, stressante, traumatisante que d’autres ont réellement vécu, juste pour évoquer, montrer, prouver à quel point l’événement a blessé émotionnellement ou durablement de jeunes enfants. Nous sommes au XXIe siècle. Ce n’est plus nécessaire. Les alternatives existent. Les réalisatrices et réalisateurs peuvent faire confiance à l’intelligence des spectateurs qui savent à quoi ressemblent un tout jeune enfant en pleurs. Donc j’en appelle aux réalisateurs, aux producteurs, aux critiques de cinéma, aux journalistes… S’il-vous-plaît, dès que vous voyez un jeune enfant pleurer dans une film, quittez instantanément la fiction. Concentrez-vous, focalisez-vous sur l’enfant et vous verrez qu’il ne joue pas la comédie, qu’il vit réellement les sentiments, les ressentis qu’il exprime par ses pleurs à l’écran. 

J’ai d’ailleurs l’impression que ce serait plus choquant si l’on transposait la situation sur une scène de théâtre. Le public verrait plus rapidement à quel point c’est choquant d’utiliser de vrais bébés en pleurs pour transmettre des émotions, des sentiments de faim, de peur, de fatigue, de détresse…

    Et toi, tu en penses quoi ?


Merci de signer la pétition 😊

https://chng.it/vRzW48ZS

Traumatisme et système nerveux, Quantum Way
https://www.youtube.com/watch?v=HVVpa_-pLkE

Attachement, dissociation et ICV, Dr Catherine Clement
https://www.youtube.com/watch?v=k8jBTuvGLQI



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vendredi 17 juin 2022

Préserver la confiance et le sentiment de sécurité des bébés acteurs


https://youtu.be/3OVYaTEMWGU

https://pdca.st/7Q2w

    Voici un nouvel exemple de “maltraitance” de bébés et d’enfants en bas âge dans les films. Je dis bien entre guillemets, je voudrais parler de malmener, ce qui me permet de découvrir encore un nouveau substantif “malmenage”, mais bon… bof. Plus sérieusement, j’ai bien conscience que bien des violences, maltraitance, abus, inégalités que vivent tant d’enfants à travers le monde sont bien plus graves. Et je suis reconnaissante envers les médias, les associations, les organisations, les personnes qui œuvrent à la sensibilisation des gens dans l’espoir d’éradiquer ces horreurs. Si je m’entête dans mon engagement, c’est parce que je sens au plus profond de moi que d’ici quelques années (j’espère encore de mon vivant), cela deviendra une évidence. Il sera tout à fait normal de filmer des bébés calmes, sereins, heureux et de recourir aux nombreuses alternatives pour évoquer des émotions, des ressentis négatifs.         


    Ces enfants sont notre avenir. Notre civilisation part en capilotade. À mon sens, il est capital de revoir les bases, de revoir l’éducation, de nous centrer davantage sur les enfants, sur les jeunes. Ce sont eux qui créeront le monde de demain. Et si je veux que ce monde soit respectueux des droits de tou.te.s, nous devons commencer par respecter tous les êtres, même les plus jeunes. Même ceux dont nous ne comprenons pas le langage. Les petits humains ont droit à autant d’égards que les grands. 


    Aujourd’hui, je te présente le film indien Amu de Shonali Bose. Autant il est intéressant d’apprendre une partie de l’histoire méconnue des Sikhs, autant il est difficile de ne pas avoir mal au coeur lorsqu’on se focalise sur le petit garçon pendant toute la durée de la scène. Il commence à pleurer lorsque la famille, assise par terre pour le repas, entend soudain les cris d’une foule déchaînée. Il n’est pas nécessaire de comprendre la langue pour savoir que le petit appelle Mummy en pleurant. Durant la totalité de la scène, le petit ne cesse de pleurer. Détonation, coups de feu, hurlements, bris de verre. L’actrice représentant la mère de famille s’écrie anxieusement : « C’était quoi ? », le père se lève, prend un couteau, intime à « sa femme » de rester à l’intérieur avec les enfants. La femme attrape les enfants, les force à se lever et à se cacher sous une tablette…

    Si tu gardes ton attention sur le petit garçon durant toute la scène, tu comprendras qu’il ne fait pas semblant d’être terrifié, il L’EST ! Il pleure pour de vrai et appelle sa maman à l’aide. Personne ne lui aura dit que c’est du cinéma, qu’il n’a pas à avoir peur, que rien de tout ce qu’il vit n’est réel… Bien évidemment, sinon il n’aurait pas pleuré et la scène aurait manqué de réalité.

    Comment ensuite inculquer la confiance à ce jeune enfant ? Comment espérer qu’il développe une confiance dans les adultes, dans la vie ?

    Ai-je vraiment envie que l’on traumatise de jeunes enfants pour mon plaisir de spectatrice ?

Comment les réalisatrices et réalisateurs peuvent-ils penser que ce n’est pas grave ? Et si ça l’était ? Dès que l’on s’efforce de ne pas se laisser emporter par la fiction, dès que l’on garde une attitude d’observateur conscient, comment ne pas penser que c’est injuste d’infliger cela aux jeunes enfants ? De provoquer chez ce petit la peur, l’angoisse, le désespoir de ne pas recevoir le réconfort et l’aide qu’il réclame… 

    Si on remplaçait le bambin par un animal, je suis sûre que des personnes parleraient de cruauté. 


    Et toi, tu en penses quoi ?

    Veux-tu soutenir mon engagement en signant la pétition ou en m’envoyant d’autres exemples de « malmenage » de bébés sur les tournages ?


La pétition :


https://chng.it/vRzW48ZS

Amu, Shonali Bose, 2005

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vendredi 10 juin 2022

L’angoisse de la séparation


    Dans mon engagement à sensibiliser le monde à la détresse psychologique et émotionnelle des bébés et enfants en bas âge dont on utilise les pleurs dans les films, je t’en présente un aujourd’hui qui me fend le cœur. Je ne l’ai regardé jusqu’au bout que pour en extraire les passages dont j’avais besoin pour argumenter ma vision de ces scènes que j’estime délétères pour le développement de l’enfant. Il s’agit de 3 Türken und ein Baby (3 Turcs et un bébé) de Sinan Akkuş que je t’invite à regarder en pleine conscience. La petite « actrice » doit avoir deux ans environ car elle n’a pas encore la parole. Elle exprime cependant très clairement sa détresse psychologique par ses pleurs et par son langage corporel. 


    Je m’interroge vraiment sur ces scènes écrites, programmées d’un film. Les parents expliquent-ils à leur enfant qu’on va les faire (ou laisser) pleurer pour le plaisir, pour faire rire des gens ou les émouvoir ? Combien de personnes adultes y a-t-il sur le tournage d’un film ? Vingt ? Cinquante ? Cent ? Plusieurs centaines ? J’aurais voulu être une mouche pour voir la réaction de tous ces gens : étaient-ils indifférents aux pleurs de la petite actrice ? Décontenancés ? Tristes ? Amusés peut-être puisque le but du film était de faire rire. Aux dépens de la petite fille ?!? Si ça tombe, la mouche, elle, aurait été horrifiée de voir ce que notre espèce inflige à ses petits. Parce que la petite figurait parmi les meilleurs acteurs du film : quand elle se débat, quand elle s’écarte ostensiblement du buste de l’acteur qui la porte, quand elle tente vainement par ses cris et ses pleurs d'obtenir de sa maman qu'elle vienne la reprendre des bras de cet homme, elle pleure VRAIMENT.

    Dans la scène de l’hôpital, lorsqu’elle est assise sur les épaules de l’homme, elle est tranquille au début. Si tu te concentres sur son visage, en particulier ses yeux, tu verras qu’elle regarde vers le bas, observe quelque chose ou quelqu’un puis se met soudainement à pleurer. Et si tu restes concentrés sur son regard, tu remarqueras que ses émotions, ses appels à l’aide sont réels. Qu’a-t-elle vu ? Qu’a-t-on fait pour déclencher ses pleurs ? N’est-ce pas tordu de rechercher CE QUI va immanquablement déclencher les larmes de la petite fille pour l’utiliser à dessein ? Pour le divertissement ? C’est choquant, non ?


    Selon la psychologue Dawn Huebner, même si l’angoisse de la séparation est la plus forte entre six et huit mois, les nouveaux nés, même endormis, reconnaissent — et préfèrent — leurs parents aux étrangers. Quant aux bruits soudain et forts, ils effraient et déstabilisent les bébés parce qu’ils n’ont pas encore un système sensoriel complètement développé, dit-elle. Et ces bruits peuvent être ressentis comme physiquement inconfortables, même chez les bambins, ajoute la psychologue Tamar Chansky. La clé, explique une autre psychologue, Janine Domingues, c’est le confort. Un nourrisson ou un enfant en bas âge est encore dans la phase de développement du lien de sécurité qui le rattache à ses parents. Il est donc essentiel qu’il sache qu’ils le maintiendront en sécurité*.


    Depuis ma prise de conscience, je sors instantanément de la fiction dès que je vois un jeune enfant pleurer dans un film. Avant, j’étais comme la plupart des gens. Je pense que nous sommes tout simplement tellement conditionnés à laisser pleurer les bébés, tellement habitués à ce genre de scènes que nous ne réalisons pas que ces tout-petits ne JOUENT pas la comédie. Le problème est que plus nous en voyons, plus nous trouvons cela normal et devenons insensibles. C’est pour cette raison que je continuerai mon combat. Une personne à la fois…

    Et si c’était toi ?

    Merci de signer la pétition pour participer à la co-création d’un monde juste.


https://chng.it/vRzW48ZS

    

Sunny Sea Gold, Kid fears at every age, Parents, 2017

https://www.parents.com/toddlers-preschoolers/development/fear/kid-fears-at-every-age/
(consulté le 24 mai 2022)


3 Türken und ein Baby, Sinan Akkuş, 2015




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